La notion d’intelligence artificielle
Origine du mot
Réponse à la question de départ : les trois. Le correcteur devine le mot que vous vouliez taper, le GPS calcule un itinéraire en tenant compte des embouteillages, ChatGPT rédige une réponse. Ce sont trois formes d’intelligence artificielle, très différentes.
Le mot « intelligence » induit en erreur. Il fait penser à quelqu’un qui réfléchit et comprend. Les systèmes d’IA ne font rien de tel : ils appliquent des calculs à des données. On parle d’intelligence artificielle parce que les tâches qu’ils accomplissent, reconnaître, traduire, conseiller, rédiger, nous demanderaient de l’intelligence.
Repères historiques
L’expression naît en 1956, lors d’un séminaire de chercheurs à l’université de Dartmouth, aux États-Unis. Pendant des décennies, l’IA progresse par vagues, entre grands espoirs et longues déceptions.
Quelques dates jalonnent le chemin. En 1997, l’ordinateur Deep Blue bat le champion du monde d’échecs Garry Kasparov. En 2012, un réseau de neurones appelé AlexNet surpasse nettement tous ses concurrents en reconnaissance d’images, et lance la vague actuelle. En 2017, des chercheurs publient l’architecture « transformeur », à la base des assistants d’aujourd’hui. En novembre 2022, ChatGPT met ces assistants entre les mains de tout le monde.
- 1956 Le mot naît à Dartmouth
- 1997 Deep Blue bat Kasparov aux échecs
- 2012 AlexNet lance la vague actuelle
- 2017 L’architecture transformeur
- 2022 ChatGPT entre les mains de tous
Règles écrites et apprentissage
Il existe deux grandes manières de construire une IA. La première consiste à écrire les règles à la main, comme une recette : c’est ainsi qu’a été conçu Deep Blue, avec des règles d’évaluation des positions écrites par des experts. La seconde consiste à montrer des milliers d’exemples à la machine et à la laisser régler ses calculs elle-même : c’est l’apprentissage automatique, à l’origine de presque tous les progrès récents.
Le module suivant vous fait manipuler cette seconde méthode.
Essai sur un assistant réel
Ouvrez l’assistant conversationnel de votre choix et copiez-lui cette demande.
Cite dix objets ou services de la vie quotidienne qui utilisent l’intelligence artificielle. Pour chacun, explique en une phrase ce qu’elle y fait, et précise si le système suit des règles écrites par des personnes ou s’il a appris à partir d’exemples.
Relisez la liste avec un œil critique. Reconnaissez-vous ces objets dans votre journée ? Une explication vous semble-t-elle douteuse ? C’est déjà un premier exercice de vérification.
Exemple de réponse, si vous n’avez pas d’assistant
Réponse reconstituée d’après des essais réels, raccourcie. La vôtre sera différente.
1. Le correcteur du téléphone : propose le mot suivant ; appris sur des textes. 2. Le filtre de courrier indésirable : trie les messages ; appris sur des messages signalés. 3. Les vidéos recommandées : choisies pour vous ; apprises sur les visionnages de millions de personnes. 4. Le GPS : calcule l’itinéraire par des règles, prévoit le trafic par apprentissage. 5. Le déverrouillage par le visage : reconnaissance apprise sur des images. 6. La traduction automatique : apprise sur des textes traduits. 7. L’assistant vocal : reconnaissance de la parole apprise. 8. La détection de fraude bancaire : apprise sur des paiements. 9. Le thermostat : une règle écrite, pas d’apprentissage. 10. Le tri des photos par visage : appris sur des images. À relire : le thermostat n’est pas de l’IA, l’assistant en a mis un quand même. C’est le genre de détail à repérer.
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