Créer avec l’IA
Ce que les outils produisent
Réponse à la question de départ : ils n’appartiennent en général à personne, et ils valent ce que vous en faites. Les outils génératifs écrivent des textes, composent des musiques, fabriquent des images et des vidéos à partir d’une description. Ils savent imiter un style, décliner une idée en vingt variantes, remplir une page blanche. Ils ne savent pas ce qui mérite d’être gardé.
Créer avec, sans se faire remplacer
Les personnes qui créent avec ces outils s’en servent pour ce qu’ils font bien : un brouillon à réécrire, des variantes à comparer, une illustration provisoire, une rime qui manque. Elles gardent le reste : l’idée, le choix, la coupe, la correction, le goût. Un modèle produit ce qui est probable ; la création cherche souvent l’inattendu. Qui accepte la première proposition obtient un résultat lisse, qui ressemble à tous les autres.
Une méthode simple : demander plusieurs versions, en choisir une, la réécrire soi-même, puis seulement demander une relecture. L’outil accélère ; il ne décide pas.
- 1 Demander plusieurs versions Des brouillons à comparer, pas un résultat à garder.
- 2 En choisir une Le choix, c’est déjà la création.
- 3 La réécrire soi-même L’idée, la coupe, la correction, le goût restent à vous.
- 4 Demander une relecture Seulement à la fin, sur votre texte.
Qui est l’auteur
En France, le droit d’auteur protège une œuvre de l’esprit qui porte l’empreinte de la personnalité de son auteur, une personne humaine. Une image ou un texte obtenus par une simple demande ne remplissent pas cette condition : ils ne sont en général protégés par personne, et n’importe qui peut les reprendre. L’office américain du droit d’auteur a conclu de même en janvier 2025. Un travail créatif important sur le résultat, sélection, retouches, assemblage, peut changer la réponse. Les conditions d’utilisation de chaque service fixent en outre ce que l’on peut faire des contenus produits ; elles se lisent avant de publier.
Les œuvres qui ont servi à apprendre
Les générateurs ont appris sur des millions de textes, d’images et de musiques trouvés en ligne, en grande partie sans l’accord de leurs auteurs. Le droit européen autorise cette fouille de textes et de données, sauf pour les auteurs qui s’y sont opposés, et le règlement sur l’IA impose aux fournisseurs de respecter ce refus et de publier un résumé des données utilisées. De nombreux procès sont en cours dans le monde. Imiter le style d’un artiste vivant n’est pas interdit en soi, mais présenter le résultat comme son œuvre, ou nuire à son activité, peut l’être. Beaucoup de créateurs demandent simplement d’être cités et rémunérés.
Le dire
Depuis août 2026, le règlement européen impose de signaler les contenus générés, et les hypertrucages, images ou voix de personnes réelles, sont interdits sans leur consentement. Au-delà de l’obligation, dire qu’un contenu est généré est une question de confiance : un lecteur, un client, un professeur n’apprécie pas de le découvrir après coup. La règle tient en une phrase : on signale, on n’imite pas une personne réelle, et l’on ne présente pas comme sien ce que l’on n’a pas fait.
Essai sur un assistant réel
Faites produire un texte créatif, puis reprenez-le en main.
Écris un poème de huit vers sur un objet de ma cuisine, dans un ton léger, avec des rimes. Propose ensuite deux autres versions : une plus courte, une plus mélancolique.
Choisissez la version qui vous plaît le moins et réécrivez-la vous-même, en ne gardant qu’une image qui vous a frappé. La machine propose vite et beaucoup ; le choix, la coupe et la voix restent les vôtres.
Exemple de réponse, si vous n’avez pas d’assistant
Réponse reconstituée d’après des essais réels, raccourcie. La vôtre sera différente.
Version demandée : Sur le comptoir, la cafetière ronronne avant la lumière ; elle tousse un peu, puis se décide et remplit la tasse vide. Le jour entier tient dans ce bruit, cette vapeur qui monte et fuit ; je la remercie sans un mot, elle recommence aussitôt. Version courte : la cafetière tousse, puis se tait : le jour peut commencer. Version mélancolique : elle chauffe pour deux tasses encore, / par habitude, depuis l’hiver ; / la seconde refroidit sur le bord, / personne ne vient la prendre.
N’y ajoutez aucune information personnelle. Si votre employeur ou votre établissement fournit un outil, utilisez celui-là.