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Module 12 · Enjeux de société · 10 minutes

Travail et métiers

Place de la séance

Réponse à la question de départ : très probablement pas, mais il va changer. Un métier est un ensemble de tâches. Certaines, rédiger un premier jet, résumer un document, classer des demandes, traduire, sont désormais à la portée d’un assistant. D’autres, écouter, convaincre, décider, prendre une responsabilité, réparer, soigner, ne le sont pas.

En mai 2025, l’Organisation internationale du travail a publié une évaluation mondiale. Un travailleur sur quatre occupe un emploi en partie exposé à l’IA générative ; 3,3 % seulement relèvent de la catégorie la plus exposée. Les emplois administratifs arrivent en tête, et les femmes, plus nombreuses dans ces emplois, sont plus exposées que les hommes. L’étude conclut que la transformation des emplois est l’effet le plus probable.

  • Un travailleur sur quatre occupe un emploi en partie exposé à l’IA générative
  • 3,3 % relèvent de la catégorie la plus exposée
  • Les autres emplois
Évaluation mondiale de l’Organisation internationale du travail, mai 2025. Chaque case représente un travailleur sur cent.

Leviers d’action

Repérez dans votre travail les tâches où un outil peut vous aider, et celles où votre jugement est irremplaçable. Essayez, avec les outils autorisés, sur des tâches à faible enjeu. Gardez la main sur le résultat : l’outil propose, vous vérifiez et vous signez.

Formez-vous. Le compte personnel de formation finance de nombreuses formations au numérique et à l’IA. Les compétences qui gagnent en valeur sont souvent les plus humaines : expliquer, coopérer, vérifier, décider.

Vivre le changement

Voir un outil produire en quelques secondes ce qui demandait des années d’apprentissage peut ébranler. Des professionnels, développeurs, traducteurs, illustrateurs, enseignants, décrivent une perte de fierté, le sentiment de n’être plus que le relecteur d’une machine, l’inquiétude pour la suite. Ce malaise est légitime. Il dit l’attachement à un travail bien fait, pas un échec personnel. Certains choisissent même de changer de métier : ils sauraient s’adapter, mais la nouvelle forme du travail ne leur plaît plus. C’est un choix respectable, pas une défaite.

Quatre appuis aident à garder la main. Avancer à votre rythme : relisez ce que l’outil produit avant de l’adopter, même si cela prend plus de temps. Assumer le résultat : ce que vous signez reste votre travail, et c’est vous qui l’expliquez aux autres. Entretenir vos bases : c’est la connaissance du métier qui permet de repérer l’erreur d’un outil qui paraît sûr de lui. En parler, enfin, avec vos collègues : la question se pose à tous, et les réponses se construisent ensemble.

Droits des salariés

Dans les entreprises d’au moins cinquante salariés, l’introduction d’une nouvelle technologie importante donne lieu à la consultation du comité social et économique. Depuis février 2025, le règlement européen sur l’IA demande aux organisations qui utilisent l’IA de former les personnes concernées. Et une règle vaut partout : ne collez jamais de documents internes dans un outil que votre employeur n’a pas autorisé.

Essai sur un assistant réel

Faites le point sur votre propre métier, puis regardez la réponse d’un œil critique.

Je travaille comme [métier]. Liste les tâches principales de ce métier. Pour chacune, dis si un outil d’IA peut aider, comment concrètement, et ce qui doit rester fait par une personne. Termine par trois compétences à développer.

Corrigez la liste avec votre expérience, vous connaissez votre métier mieux que l’assistant. Gardez les deux ou trois tâches où l’aide vous semble réelle, et essayez-les avec les outils autorisés par votre employeur.

Exemple de réponse, si vous n’avez pas d’assistant

Réponse reconstituée d’après des essais réels, raccourcie. La vôtre sera différente.

Métier choisi : assistant administratif. Tâches : rédiger des courriers (l’IA aide pour un premier jet, à relire) ; répondre aux demandes courantes (l’IA peut trier, une personne tranche les cas particuliers) ; tenir à jour des tableaux (l’IA aide aux formules, la vérification reste humaine) ; accueillir, écouter, désamorcer un conflit (humain) ; garantir la confidentialité des dossiers (humain, et l’IA y est un risque). Trois compétences : vérifier le travail produit par un outil, expliquer clairement, protéger les données.

N’y ajoutez aucune information personnelle. Si votre employeur ou votre établissement fournit un outil, utilisez celui-là.

Questions de vérification

1Selon l’Organisation internationale du travail, quelle part des travailleurs occupe un emploi en partie exposé à l’IA générative ?
2Pourquoi parle-t-on de tâches plutôt que de métiers ?
3Votre employeur introduit un outil d’IA dans votre service. Quel droit existe ?

Pour aller plus loin