Images, voix et vidéos générées
Limites de la preuve par l’image
Réponse à la question de départ : à l’image seule, vous ne pouvez plus le savoir. Les vidéos de personnalités qui vantent un placement miracle sont aujourd’hui un procédé d’escroquerie répandu, et beaucoup sont fabriquées par IA. Ce qui permet de trancher, c’est le contexte : où la vidéo est publiée, par qui, et si un média sérieux ou le compte officiel de la personne la confirme.
Fabrication d’une image
Les générateurs d’images les plus répandus suivent un principe étonnant. Ils partent d’un bruit aléatoire, comme la neige d’un vieux téléviseur, et le nettoient pas à pas. À chaque étape, le modèle retire un peu de bruit dans la direction de ce que décrit la consigne. Après quelques dizaines d’étapes, une image nette apparaît. On parle de modèles de diffusion.
Ils ont appris à faire cela sur des millions d’images accompagnées de leur description. L’image produite est nouvelle, mais elle ressemble à ce qu’ils ont vu, ce qui leur permet d’imiter un style, un lieu ou un visage.
- Bruit de départ
- Premières étapes
- Dernières étapes
- Image nette
Voix et vidéos
Pour la voix, le progrès est encore plus frappant. En 2023, des chercheurs de Microsoft ont décrit un système capable d’imiter une voix à partir d’un enregistrement de trois secondes. Un message vocal ou une courte vidéo publiée en ligne suffit donc à fabriquer un faux appel.
Les vidéos combinent les deux : un visage animé, une voix imitée, des lèvres synchronisées. La qualité varie, mais elle progresse vite, et un écran de téléphone pardonne beaucoup de défauts.
Parades
Certains outils ajoutent aux images des informations de provenance, selon un standard appelé C2PA, ou un filigrane invisible. Le règlement européen sur l’IA impose de signaler les contenus hypertruqués. Ces mesures aident, mais elles s’effacent facilement et les fraudeurs ne les respectent pas.
La protection la plus solide reste votre réflexe : ne pas croire une image sur sa seule apparence, chercher la source, et vérifier par un autre canal avant d’agir. Le module « Arnaques et fausses informations » y revient en détail.
Essai sur un assistant réel
Si votre assistant sait produire des images, faites l’expérience vous-même. Sinon, lisez la consigne et passez à la suite.
Crée une photo réaliste d’une rue de village française un matin de marché, avec des passants, des étals de fruits et une boulangerie.
Observez l’image comme si vous l’aviez trouvée sur un réseau social. Qu’est-ce qui vous aurait fait douter ? Probablement pas grand-chose. C’est la leçon du module : l’image seule ne suffit plus à prouver quoi que ce soit.
Exemple de réponse, si vous n’avez pas d’assistant
Réponse reconstituée d’après des essais réels, raccourcie. La vôtre sera différente.
L’image obtenue montre une rue pavée au petit matin, des étals de fruits sous des parasols, une boulangerie à l’enseigne lisible, des passants avec des paniers. La lumière est cohérente, les ombres aussi. En regardant de près : une main à six doigts sur un panier, une enseigne dont les lettres se déforment au second plan. Sur un écran de téléphone, rien ne saute aux yeux.
N’y ajoutez aucune information personnelle. Si votre employeur ou votre établissement fournit un outil, utilisez celui-là.